MARIE-AVRIL TOURÉ
Psychologue à Montpellier

Psychologue à Montpellier

Psychothérapie

Les troubles psychiatriques

Qu'est que la pathologie ?

Le terme de pathologie correspond à une répétition de comportements qui ne sont ni choisis, ni désirés et altère les capacités du sujet dans sa vie quotidienne. Afin de palier à une angoisse et des émotions débordantes (tristesse, colère...), le sujet peut répondre par des troubles psychopathiques. Comme le jeune manque de sécurité, de confiance en lui et les autres, des troubles psychologiques peuvent s’imposer à lui (dépression, trouble du comportement, décompensation psychotique…).

La pathologie et son symptôme doivent se percevoir comme un moyen d'adaptation à une menace psychique. Les troubles psychiatriques ont alors une double fonction (c'est à dire avec des bénéfices secondaires) de réassurance, d'apaisement, de contrôle, d'éviter un effondrement psychique... même s’ils appauvrissent la vie psychique et externe du sujet. Plus le trouble dure, se répète, plus il envahit l'organisation psychique du sujet en devenant un automatisme face à toute situation anxiogène. il est donc nécessaire d'être vigilant et de réagir rapidement afin d'éviter l'ancrage de symptômes mortifères.

Les métamorphoses physiques et psychologiques font de l’adolescence une phase à risques de rupture psychique. ainsi, à cette période peuvent émerger divers troubles psychiatriques difficilement repérables (notamment la schizophrénie qui débute à cette phase). Les symptômes psychopathologiques peuvent se confondre avec les phénomènes de la crise adolescente. Confrontés à ces troubles psychiatriques, l’entourage est déconcerté et réagi soit en les ignorant et les banalisant; soit en les dramatisant.

 

Les comportements addictifs

La toxicomanie, l’alcoolisme, l’addiction aux médicaments, aux jeux vidéo, à une idéologie, aux conduites à risques, aux personnes, à la nourriture (boulimie, anorexie).... C'est une consommation répétitive d’un produit ou un recours répété à une conduite qui vont en augmentant et mettent en danger la santé physique et/ou psychique de la personne.

L'effet de tolérance (soit l'accoutumance) produit l'augmentation de la consommation sur la durée car elle ne génère qu'un soulagement de satisfaction éphémère. Du fait de sa dépendance, le sujet est assujetti à cette conduite qui devient une sorte d'automatisme.

 

> Conflit entre dépendance et autonomie : La problématique des assises narcissiques

Ces symptômes sont liés à des failles narcissiques constantes où la représentation de soi est inacceptable et accompagnée d’ une atteinte au sentiment d’identité. Chez le jeune qui a vécu des traumatismes infantiles, ils sont typiques. Dans une dimension masochiste mortifère, la violence engrangée et inassimilable est retournée sur lui-même s'exprimant par un repli, des scarifications... et à l'excès des tentatives de suicide. Les addictions vont altérer la vie quotidienne, sociale, professionnelle... du sujet jusqu'à atteindre son image et sa confiance en soi. Par ailleurs, ces comportements sont à apercevoir à travers la problématique des limites. Le jeune joue avec elles et cherchent à les dépasser au maximum jusqu'à parfois frôler la mort. Le défi est d’être plus fort que la tentation de la mort et que la mort elle-même Néanmoins, une fois l'adrénaline dépassée, le retour à la réalité est âpre car les sensations vécues lors de l'acte sont extrêmes et rendent la réalité, les relations... fades et vides. 

Cette quête de sensations fortes est un moyen de conjurer l’angoisse et notamment celle du vide mais elle ne comble pas vraiment, ne permet pas une véritable intériorisation qui apaiserait de façon permanente l'angoisse. Alors le sujet s'engouffre dans un cercle vicieux alternant entre le moment de satisfaction et d'apaisement (par la consommation) et des phases dépressives (correspondant au moment de manque).

 

La dépression chez l’adolescent

Lors de l'adolescence, l’état dépressif est commun et souvent inféré aux fluctuations physiques et psychologiques normales qui traversent ce passage de vie. En effet, le jeune est bercé par une série de séparation, de deuils aussi bien narcissiques qu’œdipiens qui sont dépassés et élaborés plus ou moins bien. Pourtant, de véritables états dépressifs, moins visibles que chez l'adulte, se manifestent à cette période.

Dans ce contexte, la dépression atteint davantage le fonctionnement intellectuel via son inhibition. L'investissement du fonctionnement intellectuel, auparavant utile et souhaitable tant pour l’enfant que les parents, semble avoir perdu de sa valeur au détriment de l'investissement sexuel inconscient et conscient. Le conflit psychique lié à la sexualité est transposé, non au niveau du corps, mais au niveau mental. La difficulté de cette nouvelle donne sexuelle se déplace inconsciemment en inhibition intellectuelle.

 

> Le syndrome dépressif classique à l'adolescence:

Proche du tableau clinique de l’adulte, il s'y assimile davantage au fur et à mesure de l’avancée en âge du jeune. Il est caractérisé par quatre signes fondamentaux :

l’inhibition psychomotrice : Il s'agit d'un ralentissement psychomoteur perceptible dans l’expression verbale, dans l'impression que l'écoulement du temps est ralenti... des troubles comportementaux comme l’anorexie et des troubles du sommeil... ; une morosité associée ou non à désintérêt; L’auto-dévalorisation se manifestant par des auto- accusations mélancoliques, des auto-reproches, une perte d'estime de soi et une culpabilité jusqu’à des tendances suicidaires.

 

> Les formes cliniques de la dépression à l'adolescence :

• la réaction dépressive :

Le processus de séparation et d'individuation mis en œuvre durant l'enfance et poursuivit à l'adolescence peut subir diverses entraves du fait de situations affectives spécifiques (deuil, divorce ; carences parentales…). En état de tensions physiques et psychiques conséquentes et débordantes, le jeune peut être rongé par la crainte de l’avenir ou ressentir une terreur intense face à la tristesse, traversé par un fort cafard voir des idées suicidaires. Il peut alors s'introduire dans une dépression. Le signe original et visible est une forte angoisse car il lutte contre un danger qui semble menacer son intégrité psychique. Ce pénible combat l'épuise psychiquement et physiquement lutte et alors émerge la réponse dépressive s'imbriquant à l'anxiété pour progressivement la substituer. Couramment, cette manifestation est éphémère puisque l'adolescent va rencontrer de nouvelles relations, activités... qui vont l'extraire de ce mauvais passage.

• la dépression d’infériorité :

Elle est courante à cette période car le jeune a souvent un sentiment d'infériorité et une baisse de son estime de soi mais dans ce cadre ses symptômes viennent toucher des sphères spécifiques comme la scolarité, les activités physiques voir la totalité de la personnalité. Le jeune peut se sentir délaissé, rejeté, pas aimé ou apprécié à sa juste valeur. Pour se protéger du rejet extérieur, il désinvestit le monde extérieur. Le sujet ne parvient pas à réaliser les exigences que son idéal lui impose et s'en ressent alors dévalorisé et inhibé dans ses actes. Cette incapacité le propulse dans un conflit narcissique.

• la dépression d’abandon :

L'angoisse de perte et d'abandon est son corrélaire. Le jeune exprime un sentiment d’abandon, de vide, des souvenirs infantiles marqués par des carences précoces, des négligences environnementales, des séparations traumatiques... Cliniquement, cette forme de dépression se traduit par de nombreux passages à l’acte auto ou hétéro agressifs (fugues, délinquances, addictions...).

 

• la dépression mélancolique :

C'est une forte dépression dont la sémiologie est identique à celle de l’adulte (sentiment mélancolique important, dépréciation, anhédonie...) mais chez le jeune les manifestations hallucinatoires délirantes ou confusionnelles sont très courantes.

• la dépression masquée 

se traduit par  divers maux :

> des plaintes somatiques  polymorphes et très courantes lors de cette période. 

Elles s'expriment à travers des grosses fatigues aiguës ou chroniques, des céphalées ponctuelles, des douleurs au dos et abdominales...Chez le jeune, la dépression masquée peut prendre deux aspects : des bouffée hypocondriaques aigues ou des dysmorphophobies.

La bouffée hypocondriaque est un état d'angoisse panique proche de la dépersonnalisation. Une crainte de mort imminente est sous-jacente. L'angoisse se focalise et se structure autour d'un élément corporel devenant le lit de la menace de l'intégrité psychique du sujet. En effet, l'adolescent tente de compenser son angoisse à travers une fixation corporelle (maladie, douleurs... imaginaires) qui parfois ne suffit pas à la décharger. Dans ce cas échéant qui n'est pas la norme, l'évolution peut aboutir à une décompensation psychotique. Cette bouffée fait suite à des situations pénibles et angoissante (examens, deuils, accidents...).

Les dysmorphophobies sont une peur concernant l'esthétique corporel (peur d'être difforme, horrible...). Ce trouble est préoccupant car il est perçu comme de nature soit délirante soit obsessionnelle. En effet, il peut être le signe d'une entrée dans une décompensation psychotique (notamment une schizophrénie). Cependant, il ne débouche pas forcément à une forme chronique psychotique. Une psychothérapie peut aider à une évolution structurante et favorable. En l’absence de traitement psychologique, la vie psychique du sujet est alors envahie par ces angoisses corporelles. Du fait de l'excès de ces préoccupations, Il se replie sur lui même et désinvestit ses relations affectives, sociales...

 

> des troubles du comportement

Pour se défendre de ses pensées dépressives et anxiogènes, le jeune peut recourir à l’agir. En effet, l'angoisse insupportable est substituée par un passage à l'acte. Ces troubles comportementaux s'expriment par des fugues et/ou des troubles du comportement alimentaire.

La boulimie et l’anorexie se conçoivent toujours sous un angle dépressif sous- jacente. L’anorexie est nettement plus commune chez les filles. Le sujet perçoit son image du corps de façon tronquée et alors il entame un régime drastique. Trois symptômes la caractérisent : refus de nourriture, perte de poids, et aménorrhée. La boulimie se définit par une alimentation compulsive. Le sujet ne cesse de manger sans désirer grossir (d'où parfois des vomissements). il est alors très soucieux de son image corporelle (adepte du miroir et de la balance). Cette conduite est une tentative de combler, par la nourriture, des carences précoces infantiles créant un manque affectif.

Chez les adolescents traversant une dépression, les tentatives de suicides sont importantes. Ses causes sont poly-factorielles mais symbolisent toujours un retournement de l'agressivité sur soi et n'en demeurent pas moins le signe d'une grande souffrance dépressive.

L’inhibition est un symptôme spécifique à la dépression adolescente. Ses signes cliniques sont : une réduction des centres d'intérêts limitant les relations affectives et sociales, un appauvrissement des expressions motrices, des difficultés scolaires...