MARIE-AVRIL TOURÉ
Psychologue à Montpellier

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Psychologue à Montpellier

Psychothérapie

Le travail thérapeutique avec les adolescents

Le travail thérapeutique chez l'adolescent lié à la problématique des limites

Du fait des transformations pubertaires, la problématique adolescente impose une difficulté de s’engager dans un travail thérapeutique duel. En effet, les adolescents doivent réorganiser leur fonctionnement psychique en intégrant une nouvelle dimension : la sexualité.

Cette nouvelle donne impose la création de nouvelles limites. L'adolescent a peur de perdre le contact avec la réalité extérieure, de la désinvestir pour se replier sur lui même en se laissant aller à l’imaginaire, à ses fantasmes réactualisés par un nouveau corps.

• Au niveau biologique, ils se trouvent à l’embranchement entre l’achèvement de leur maturation pubertaire induisant la sexualité génitale et sa fixation définitive biologique. En effet, ils doivent réorganiser leur fonctionnement en intégrant la dimension sexuelle et de nouvelles limites.

• Au niveau psychique, cette période correspond au passage de la puissance infantile, régie par le principe de plaisir, au monde extérieur, dirigé par le principe de réalité. Plus précisément, les jeunes se trouvent face à la ré-émergence de la sexualité, sous sa forme génitale, imposant une réorganisation psychique en tenant compte de cette nouvelle dimension. Ils doivent apprendre à renoncer à leur omnipotence et à contrôler leur état pulsionnel afin de les mettre aux services des intérêts communs.

La traversée de l’adolescence et du jeune adulte l’engage sur le cheminement du devenir adulte. Ce passage nécessite un travail laborieux de séparation avec l’autre parental. Ce processus de séparation et d’individuation implique que celui-ci soit apte à s’assumer et maître de ses choix.

Autrement dit, du fait des modifications pubertaires et de l’entrée laborieuse dans le monde adulte, ce public présente une difficulté à s’engager dans un travail duel à cause de diverses séparations sociales, de nouvelles limites corporelles à « ré-intégrer », et la peur de perdre le contact avec la réalité extérieure en se laissant aller à l’imaginaire, à leurs fantasmes c’est à dire à leur réalité interne.

A cause de cette réorganisation psychique, les désirs des jeunes sont difficilement gérables car la fonction de liaison entre le réel et l’imaginaire est mise à mal. Ainsi, le travail de travestissement des désirs (conscients et inconscients), par le préconscient, est insuffisant, de même que l’atténuation de la charge émotionnelle associée à ces désirs.

Ces sujets peuvent difficilement faire appel à leurs représentations sans étayage perceptif. Celui-ci a pour fonction de les contenir et de garantir leur intégrité mise à mal.

En effet, le fait de priver certains sujets de leurs perceptions sensorielles peut induire un blocage des associations, des liens entre conscient, préconscient et inconscient. C’est ainsi que, chez ces sujets, l’absence de stimulations extérieures peut se traduire par un passage à l’acte, un silence, une inhibition de la pensée du fait d’un vide psychique ou bien du fait d’un envahissement des représentations inconscientes qui ne peuvent être liées et introduit les patients dans la confusion, l'angoisse, le vide...

Cette dimension peut expliquer l’inhibition des jeunes à exprimer leur souffrance et leur mal-être. C’est pourquoi, le professionnel doit s’ajuster à la problématique des jeunes adultes en se positionnant différemment.

   

La défaillance des limites:

Les adolescents, soumis à divers changements, ne parviennent plus bien à différencier le dedans et le dehors détériorant l’unité psychique du fait de la défaillance du contenant et par conséquent du contenu.

● Leur enveloppe est poreuse et pas suffisamment solide induisant un ressenti angoissant lié au sentiment d’être vide du fait d’une absence d’introjection des objets internes.

● La présence de l’autre est vécue péniblement soit trop envahissante, soit abandonnique...

Il mélange ces propres ressentis avec ceux d’autrui.

Néanmoins, cet état est éphémère puisque l'adolescent ses transformations corporelles une fois élaborées, il se recréera une nouvelle enveloppe. Le psychologue clinicien doit tenir compte de ces angoisses afin d'apporter transitoirement un contenant suffisamment sécurisant... Dans ce cadre enveloppant et tolérant, l'adolescent pourra "mieux" vivre sa transition.   

La division identitaire:

Les troubles à l'adolescence peuvent s'entrevoir comme l’expression d’une division du sujet avec lui-même. Pour les jeunes présentant des problématiques psychiques graves (avec des mécanismes de défenses archaïques, des symptômes inhibant le déroulement de sa vie quotidienne ou des organisations psychotiques), il s’agit de tenter de les soutenir dans un accompagnement plus sécurisant et moins mortifère par la création, dans un sentiment d'existence moins fragile et de maintenir leur équilibre psychique. Dans les cas où la pulsion de mort prend le pas sur la pulsion de vie, le travail psychothérapeutique est une tentative de « dés-emprise » du masochisme mortifère afin d'encourager une réanimation vitale.  

Comment Travailler avec l'adolescent :

Lors des premiers entretiens, la qualité du contact est essentielle dans la mesure où elle initie l'équilibre de la relation psychologue/sujet. Dans une rencontre tolérante, empathique, souple et authentique, le clinicien invite l’adolescent à régler la "bonne" distance relationnelle en toute liberté. Avec le jeune, la relation transféro-contre-transférentielle peut être très massive, très investie aussi bien dans des mouvements de haine que d’amour. Dans le contexte thérapeutique, l’adolescent fait déjà l’expérience d'une écoute subjective et bienveillante. Le psychologue s'intéresse et se soucie de lui, de sa vie, de ses incertitudes, de ses problèmes .... Le simple fait de cette écoute particulière procure un étayage psychologique et pallie en partie à son sentiment de solitude et d'incompréhension.

La relation de confiance est fondamentale. Le psychologue assure la confidentialité des informations échangées. Afin d'instaurer cette relation de confiance avec le jeune, il est préférable que les premières rencontres se fassent en l'absence des parents. Par contre, l'invitation ultérieure (et cela uniquement avec son consentement) à la rencontre de ses parents lui sera proposé. Il s'agit d'avoir une vue d'ensemble de la situation familiale , d’entendre leur vision sur la situation, et de saisir comment ils comprennent les difficultés de leur enfant..

Il s'agit d'abord de contenir l'angoisse et les craintes du sujet afin que s’élabore une relation de confiance. Cela est possible dans un cadre très continu et immuable. Dès qu'intervient un changement dans le cadre, cela peut faire émerger une panique (pouvant se manifester par un arrêt des entretiens, ou une inhibition lors de la rencontre...) accompagnée ou non de symptômes.

Par la suite, le professionnel tentera d'étayer et de réconforter l'adolescent dans ses sentiments... Chez ses sujets, l'enveloppe sécurisante est plus ou moins fragile. Au début, le psychologue clinicien travaillera avec cela en apportant un soutien suffisamment tranquillisant... Par ailleurs, les mouvements pulsionnels du sujet liés à la sexualité doivent être contenus afin d'éviter qu'ils mettent en échec la relation.

 

Les risques avec les adolescents ou personnes psychotiques et limites

Dans un contexte où les limites sont réélaborées (adolescence) ou défaillantes (psychose/ border line), la relation duelle notamment dans les situations d’entretien peut générer une forte angoisse chez le sujet. En effet, le professionnel peut devenir un objet trop excitant car il pourrait être ressenti, par les sujets, comme envahissant ou intrusif. Cette excitation excessive menacerait le moi de ces sujets par son débordement d’où la nécessité de s'ajuster aux personnalités de chaque sujet. Par exemple, la dimension sexuelle est largement à prendre compte car l’adolescent entre dans la génitalité qu’il ne sait pas gérer. Elle peut être une source d’angoisse déstabilisante.

Par conséquent, afin de pallier à ce danger d’excès d’excitation, il est, tout d’abord, indispensable de saisir le fonctionnement de chacun des sujets et seulement après cette compréhension, une adaptation à leurs problématiques est envisageable. Cet ajustement peut se traduire soit par une diminution concrète ou une mise à distance dans l’espace tout en restant à proximité, soit par un étayage plus conséquent quand la situation le nécessite.