MARIE-AVRIL TOURÉ
Psychologue à Montpellier

Le site www.psychologue-psychotherapeute-montpellier.com est temporairement désactivé...

Si vous êtes le propriétaire de ce site, merci de contacter rapidement l'hébergeur.

  • Hébergeur : Simplébo
  • Site : www.simplebo.fr
  • Téléphone : 01 84 17 49 76

Psychologue à Montpellier

Psychothérapie

La position parentale

La position parentale dans le parcours de leur adolescent

Dans ce contexte évolutif spécifique, l’adulte doit accepter d’être accablé par son jeune, de se mettre en veilleuse et en même temps d'être présent si celui-ci en manifeste le besoin tout posant des limites... Cette position parentale n'est pas chose aisée et peut parfois nécessiter un soutien psychologique.

 

 

Paradoxe chez l'adolescent : besoin et nécessité de se séparer de l'adulte

L'adolescent cherche à la fois à se remettre dans la position sécurisante de l’enfant dépendant tout en désirant en sortir malgré sa difficulté de la quitter.

 

L’adolescent peut se ressentir encore comme un enfant qui éprouve encore le besoin de la présence de ses parents. Il les sollicite, par diverses manières ,demandant leur protection, leur valorisation... Simultanément, une distance physique lui est nécessaire car l'émergence de la dimension sexuelle peut alors rendre les corps et les liens désirables. La vie génitale les traverse et les soumet à une grande tension. Les parents sont désormais des hommes et des femmes potentiellement désirables. La proximité physique avec les membres familiaux devient insupportable et gênante. De ce fait, le jeune cherche l'intimité car il est traversé par des sentiments d'intrusion et de promiscuité intriqué avec un besoin de rejet de ses proches. Le lien d'attachement les unissant est trop chargé d'intensité. Il est alors vécu comme menaçant et fragilisant son intégrité psychique.

 

La puberté contraint donc le sujet à se distancer des parents ou/et de leurs représentants.

Cela implique de s'autonomiser en se libérant de leur soutien. Cette individuation est un plaisir mais elle fait aussi peur et introduit le sujet dans une multitude de questionnements : Quel chemin prendre? Suis je capable ...? Peut-on m'aimer?...

Le sentiment de sécurité interne (procuré durant l'enfance et par la suite), de confiance en soi et dans les autres c'est-à-dire l’estime de soi vont accompagner le sujet dans cette phase laborieuse. Plus le sentiment de sécurité interne est dysfonctionnant ,plus l'adolescent est fragile et instable et nécessite de trouver une enveloppe sécurisante à l'extérieur et notamment auprès des adultes. Néanmoins, cette probable nécessité est mal vécue par celui-ci car il la perçoit comme infantilisante, outrageant son indépendance. 

Ce paradoxe est fondé sur deux types d'angoisses humaines :

-l’angoisse d’abandon,c'est à dire la peur d'être rejeté par autrui : en cas d’éloignement, le danger est la perte de l'autre;

-et l’angoisse d’intrusion, liée au désir de proximité qui est vécu comme effractante : en cas d'un contact excessif, le risque est une sensation d'envahissement destructeur;

Du coup si la relation entre l'adolescent et ses parents est trop espacée, le jeune peut se sentir isolé et abandonné. Mais si le lien est trop proche, il peut se sentir agressé, envahi,voir persécuté.

L'adolescent peut souvent recourir à des attitudes négatives et provocatrices pour affirmer son identité et sa différence. Par exemple, un moment de bonheur partagé se mêle à une appréhension car elle produit un rapprochement ingérable avec un adulte. Pour abaisser la tension et retrouver la maîtrise de ses émotions, le jeune se distance de l'univers parental. Les traits caractéristiques peuvent être une mauvaise humeur, de l'agressivité, un repli, une fugue... Les conduites masochistes et d'auto-sabotage peuvent alors survenir. L'adolescent fuit ce qu'il désire car il a peur d'être inapte. il peut se mettre systématiquement en échec pour éviter un réel naufrage ou assurer une différence. L'entourage peut se confronter alors à l'incompréhension et alors rejeter le jeune s'enfermant dans un engrenage.

Le rôle de l'adulte est de tenter de soutenir son enfant dans ce rude passage en respectant son territoire personnel et en acceptant que celui-ci gère la "bonne" distance dans leur relation souvent par l'intermédiaire d'un tiers ou de la médiation. Les parents peuvent laisser la place à des potentiels échanges sans tomber dans une relation d’intrusion et d’emprise.

Les potentielles difficultés des parents :

Les malaises parentaux :

Les problématiques personnelles des parents peuvent accentuer la crise adolescente et davantage lorsqu'ils traversent des deuils, des séparations, la crise de milieu de vie... Ils peuvent alors s'engouffrer dans une forme de dépression et projeter leurs difficultés sur l'enfant. Ils dénient leur conflit : "C'est pas moi qui va mal. C'est le petit qui est mal". Le jeune peut s'en sentir fragilisé et dépourvu de repères identificatoires solides.

 

- Difficultés dans la séparation :

Les adolescents peuvent se sentir coupables de « lâcher » leurs parents, surtout quand celui-ci est seul ou face à des difficultés. Ainsi, ils doivent au maximum réduire leur sentiment de culpabilité et les soutenir dans leur processus de séparation et d'individuation. Les jeunes doivent s'autonomiser en sortant du cocon familial et aller vers une vie qu’ils désirent et cela procure une grande satisfaction parentale. C'est également un processus à réaliser par les parents en acceptant de ne plus les percevoir comme des enfants, de leur laisser leur espace, de les des-idéaliser en les regardant comme des êtres humains, capables du meilleur et du pire. 

Par ailleurs, les parents doivent renoncer à leur image idéalisée, renvoyée par leur enfants. Même si c'est gratifiant très d’être idéalisé par ses enfants, de se savoir responsable d’êtres délicats qui dépendent de vous, il est important d'y renoncer afin de laisser l'enfant poursuivre son chemin. Or, ce cheminement parental est parfois vécu dans la panique et l'angoisse. Pour y pallier, l'adulte peut oblitérer la séparation en s'accrochant à son enfant.

 

- La rivalité parent/adolescent :

   Une rivalité peut apparaître car leur enfant est en voie de devenir un adulte. En conséquence, le parent efface la dimension générationnelle, le perçoit comme eux et le jalouser. Il peut alors émerger des reproches liés aux vêtements, au maquillage...

 

- la des-idéalisation de l'enfant :

L'adulte doit parfois faire le deuil de l'image idéalisée de son enfant et davantage à l'adolescence. Il est difficile d’accepter que l’image qui s'exprime de leur jeune ne corresponde pas à ce qu’ils avaient rêvé ou auraient aimé. Comme lors de la naissance, le parent doit effectuer un travail d'ajustement entre l’imaginaire (l'image idéalisée) et le réel (l'adolescent tel qu'il est).

 

- le maintien du lien parent/adolescent :

Le jeune est dans une quête identitaire et peut faire des autres et des adultes des modèles identificatoires. Dans la contradiction de ses sentiments, pour que l'identification puisse fonctionner, il a besoin de trouver en l'autre de la résistance et du répondant. Ce maintien du lien n'est pas chose aisée à l'heure où le consensus éducatif est défaillant et où l’autorité est perçue comme un abus de pouvoir. Dans ce contexte, l'identification au modèle adulte est souvent mise à mal.